Il fut un temps où les Grammy Awards représentaient quelque chose. Un sacre. Une reconnaissance. Le moment où l’industrie musicale s’arrêtait pour honorer ceux qui avaient touché nos âmes, fait vibrer nos corps, accompagné nos joies et nos peines. La musique, cet art universel capable de transcender les frontières, les langues, les croyances.
Ce temps semble révolu.
Les Grammys 2026, diffusés le 2 février depuis la Crypto.com Arena de Los Angeles, auraient dû être une célébration. Ils furent un naufrage. Un spectacle où la musique n’était plus qu’un prétexte, noyée sous les déclarations politiques, les provocations vestimentaires et l’étalage d’un orgueil devenu pathologique.
Cet article n’est pas une attaque. C’est un constat. Une autopsie. Celle d’une institution qui, en voulant tout dire, n’a plus rien à dire. Et qui, en péchant par orgueil — le péché originel par excellence — a commis l’irréparable : trahir la musique elle-même.
Continue readingIl fut un temps où découvrir un lieu secret procurait une joie intime. On gardait jalousement l’adresse de cette crique déserte, de ce restaurant familial, de ce village hors du temps. On partageait — avec parcimonie — à quelques amis de confiance.
Ce temps est révolu.
Surtourisme et réseaux sociaux : ces destinations submergées par les likes. Mon enquête terrain.
Continue readingJ’ai longtemps fermé les yeux. Comme beaucoup d’entre vous probablement. Cette petite robe corail achetée en soldes. Ce jean parfaitement délavé trouvé à quinze euros. Ces t-shirts aux couleurs vives qui égayaient mon dressing sans questionner ma conscience. Et puis un jour j’ai vu cette photo. Une rivière rouge sang. Pas rouge à cause d’une algue rare ou d’un phénomène géologique fascinant. Rouge à cause de la teinture textile. Rouge de nos vêtements. Rouge de notre insouciance collective. Cette image m’a hantée pendant des semaines. Elle a changé ma façon de regarder ma garde-robe. Elle a transformé ma manière de consommer la mode.
Continue readingSéjourner dans un palace, c’est s’attendre à une partition parfaitement orchestrée. Chaque détail anticipé, chaque attention calibrée, chaque moment fluide. Le Fairmont Singapore, institution historique nichée au cœur de Raffles City, porte cette promesse dans son ADN. Mais qu’en est-il vraiment ? Entre service remarquable et couacs inattendus, entre personnel dévoué et systèmes défaillants, mon séjour dans ce cinq étoiles du groupe Accor m’a offert un tableau nuancé. Celui d’un établissement qui possède tous les ingrédients de l’excellence, mais qui peine parfois à les assembler harmonieusement. Voici mon récit, honnête et sans complaisance.
Un panorama à couper le souffle
Je suis arrivée en fin d’après-midi. La lumière dorée de septembre baignait la vallée. Et là devant moi le spectacle. L’Aliakmon serpentait en contrebas comme un ruban d’argent posé sur un tapis de verdure. Les lacs formés par les bras du fleuve scintillaient sous le soleil déclinant. Les montagnes au loin fermaient l’horizon avec cette majesté tranquille propre aux paysages grecs.
Je me suis assise sur ce fameux banc. Celui que les locaux appellent le banc de Kallipetra. Et je suis restée là. Longtemps. Sans bouger. Sans photographier d’abord. Juste à regarder. À respirer. À laisser cette beauté s’imprimer en moi.
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